Wall Street
July 13th, 2008NEW YORK (Reuters) - Wall Street se prépare à vivre une nouvelle semaine agitée, les événements des derniers jours ayant renforcé les craintes sur la solidité de l’ensemble du système financier et favorisé la baisse des marchés d’actions.
Analystes et gérants s’attendent à voir l’indice Dow Jones, le Standard & Poor’s 500 et le Nasdaq Composite poursuivre leur repli en territoire “baissier”, le fameux “bear market” défini par une baisse de plus de 20% par rapport au pic des derniers mois.
L’évolution de la Bourse de New York dépendra en grande partie des développements du dossier Fannie Mae-Freddie Mac, les deux géants du refinancement de crédit immobiliers dont la situation financière donne des sueurs froides aux investisseurs.
Et c’est dans ce contexte extrêmement nerveux que Ben Bernanke, le président de la Réserve fédérale, s’exprimera par deux fois au Congrès, mardi au Sénat et le lendemain à la Chambre des représentants.
Sans attendre, la Fed pourrait annoncer dès lundi des mesures destinées à assurer des financements à Fannie Mae et Freddie Mac, estiment certains observateurs.
Mais les propos de Bernanke porteront aussi sur la conjoncture américaine, l’inflation et les taux d’intérêt.
“Le marché a besoin de mesures concrètes. Il ne donne plus à personne le bénéfice du doute”, souligne Peter Kenny, directeur exécutif de Knight Equity Markets.
Fannie Mae et Freddie Mac détiennent ou garantissent environ la moitié de l’encours global des crédits immobiliers aux Etats-Unis, qu’ils reprennent aux établissements émetteurs et refinancent par des émission obligataires. Le marché craint de voir leur activité fortement perturbée par des problèmes de refinancement en raison de la défiance croissante à leur égard, ce qui aurait pour conséquence une quasi-paralysie du marché immobilier, déjà bien mal en point.
AVALANCHE DE RÉSULTATS
Les jours prochains seront en outre rythmés par la première déferlante de résultats trimestriels, parmi lesquels ceux de Citigroup, la première banque des Etats-Unis, d’Intel, de Microsoft, ou de Google, le géant de la recherche sur internet.
Les investisseurs doivent aussi prendre en compte l’envolée des cours du pétrole, qui ont dépassé vendredi 147 dollars le baril, et son impact sur l’inflation, que pourraient mettre en évidence les statistiques des prix à la production (mardi) et à la consommation (mercredi).
L’agenda des indicateurs inclut aussi entre autres les chiffres de la production industrielle et des mises en chantier de logements. Un programme qui semble laisser peu de place à d’éventuelles bonnes nouvelles.
“J’ai mis mon casque et mon armure. On peut s’attendre à une nouvelle semaine volatile, le marché va réagir à trois types de facteurs: les résultats, le pétrole et les agences de refinancement”, résume Frederic Dickson, stratège de D.A. Davidson & Co.
Sur la semaine écoulée, le Dow Jones a perdu 1,7%, le S&P 500 1,9% et le Nasdaq 0,3%. Il s’agit de la sixième semaine consécutive de baisse pour le S&P et le Nasdaq, de la quatrième pour le Dow, qui est brièvement repassé vendredi sous le seuil symbolique de 11.000 points pour la première fois depuis juillet 2006.
Parallèlement, l’indice VIX qui mesure la volatilité du marché et est surnommé le “baromètre de la peur”, a atteint vendredi son plus haut niveau depuis le 20 mars.
“Si la crise de Fannie et Freddie n’est pas résolue, les marchés se trouveront dans une situation encore plus dégradée qu’aujourd’hui”, estime John Praveen, directeur des investissements de Prudential International Investments Advisers.
L’évolution de ce dossier “donnera probablement le la aux marchés. Le pétrole est un autre problème”, ajoute-t-il.

