CAC40 (in french)

POURQUOI CETTE BELLE HAUSSE HIER?
02 avril 2008 | 07h52 dans L’EDITO DU JOUR PAR MARC FIORENTINO
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Notre objectif de 5000/5200 est à une portée d’actions mais ne nous emballons pas….Forte hausse hier sur tous les marchés avec une poussée des valeurs bancaires
Une journée comme hier est suffisamment rare en ces temps de déprime sur les marchés pour qu’on s’y arrête. 4% de hausse environ sur le CAC, on n’avait pas vu cela depuis depuis des mois. Et ce n’était pas un poisson d’Avril. Alors? Pourquoi cette hausse? Pourquoi hier? Dans ce type de mouvement il y a toujours la raison apparente, qui sert de rôle de déclencheur du mouvement, et les raisons réelles. Le déclencheur hier, en tous cas, celui que tout le monde cite, c’est la bonne nouvelle concernant l’augmentation de capital de Lehman largement sursouscrite et l’opération vérité d’UBS qu’on commentait hier matin.

Voilà pour l’explication grand public, et l’explication réelle ?
La première c’est que ces mouvements là n’ont tout simplement pas d’explication. A certains moments, les investisseurs sont trop pessimistes, le consensus est trop fort à la baisse, et un mouvement de hausse est alors inévitable. Il attend juste un prétexte pour se déclencher. L’autre explication c’est que les investisseurs avaient capitulé et que les fonds spéculatifs avaient vendu à découvert, pour spéculer sur un écroulement, toutes les valeurs sensibles comme les valeurs bancaires. Et ne voyant plus de potentiel à la baisse, ils sont obligés de racheter leurs positions et la hausse entraine la hausse. Dernier élément d’explication. On commence à murmurer partout que le gouvernement Américain prépare une vaste opération de garantie des créances immobilières des banques pour éviter des évictions en masse de petits propriétaires endettés

Question traditionnelle: est ce la fin de la baisse?
On sait qu’une hirondelle ne fait pas le printemps et qu’il y aura encore des journées de forte baisse mais je continue a pense que la première phase de la crise est derrière nous, et que la deuxième ne se déclenchera pas avant quelques mois. Cela nous laisse le temps de souffler et de profiter de journées comme celles d’hier.

Addendum:

FINANCE Plusieurs grandes banques annoncent de nouvelles dépréciations massives d’actifs
Les Bourses veulent croire à la fin de la crise bancaire
LE MONDE | 02.04.08 |

Le pire de la crise financière serait-il passé ? Mardi 1er avril, les marchés d’actions ont nettement progressé en Europe et aux Etats-Unis, après l’annonce, pourtant spectaculaire, d’une nouvelle dépréciation d’actifs de 19 milliards de dollars (12,1 milliards d’euros) chez UBS.

Wall Street a terminé la séance de mardi en hausse de 3,2 %, tandis qu’à Paris et Francfort, les Bourses gagnaient respectivement 3,3 % et 2,8 %. Les actions des grandes banques américaines ont pour leur part gagné plus de 10 % tandis que le titre UBS s’envolait de 12,27 %.

Avec une facture de 37 milliards de dollars, la première banque suisse, pilier du système bancaire helvétique, devient l’établissement financier le plus atteint par la crise des crédits immobiliers américains compromis, les subprimes, devant les américains Citigroup (21,1 milliards de dollars) et Merrill Lynch (19,4 milliards de dollars).

Mais les investisseurs saluent un exercice de transparence, qu’ils considèrent comme un préalable indispensable au retour de la confiance sur les marchés financiers. Surtout, alors qu’ils voyaient la crise des subprimes comme un puits sans fonds, il y a encore quelques semaines, de nombreux analystes se risquent désormais à dire que la sortie de crise, pour les banques, n’est peut-être plus si loin. Les grands établissements bancaires pourraient avoir enfin purgé l’essentiel des actifs compromis, au cours du premier trimestre.

“On aperçoit le bout du tunnel, estime Christian Parisot, économiste chez Aurel Leven, même s’il reste encore de gros problèmes.” Ainsi, outre-Atlantique, les marchés s’attendent à de nouvelles dépréciations d’actifs, par exemple dans les comptes de Citigroup. Selon Aurel Leven, la banque américaine détiendrait 37,3 milliards de dollars de produits dérivés “potentiellement affectés” dont 8 milliards de dollars de crédits subprimes.

C’est la même chose en Europe. En Suisse, UBS conserverait une exposition “résiduelle” aux subprimes de 15 milliards de dollars. En France, les investisseurs anticipent de nouveaux ajustements à la Société générale, au Crédit agricole et chez Natixis. “Quand les comptes du premier trimestre seront publiés, dans les prochaines semaines, on connaîtra l’essentiel”, affirme le numéro deux d’une grande banque française.

PAS DE CRISE SYSTÉMIQUE

Le regain de confiance des investisseurs sur les marchés se fonde aussi sur la certitude qu’aucune grande banque ne fera faillite. Le sauvetage de Bear Stearns aux Etats-Unis, après ceux de Northern Rock en Grande-Bretagne et d’IKB en Allemagne, a montré que la puissance publique interviendrait pour empêcher qu’une crise systémique ne fragilise l’économie mondiale.

Mais les problèmes sont loin d’être réglés. Désormais, l’attention des investisseurs et celle des autorités de régulation se focalisent sur d’autres zones d’ombre du secteur financier. Les assureurs pourraient notamment être contraints d’afficher des pertes, au cours des prochains mois. Contrairement aux banques, leurs normes comptables ne les ont pas obligées jusqu’ici à révéler l’exposition au risque de leur portefeuille d’investissements à la valeur de marché (le fameux mark-to-market).

Les fonds spéculatifs (hedge funds) suscitent aussi des inquiétudes. “Même ceux qui avaient parié sur l’effondrement des titres de crédits se retrouvent pris au piège”, indique Augustin Landier, professeur assistant à l’université Stern de New York. Après l’effondrement spectaculaire, en mars, d’un des fonds du géant américain Carlyle, l’un des hedge funds dirigé par John Meriwether - le fondateur du fonds spéculatifs LTCM, dont la faillite en 1998 avait menacé de provoquer une crise systémique -, se trouve aujourd’hui aussi en difficultés.

De son côté, Pardus, connu pour avoir pris position dans le capital des groupes français Valeo et Atos Origin, se bat pour empêcher ses clients de réclamer le remboursement de leurs investissements. A Wall Street ou à la City de Londres, les gérants les plus réputés multiplient les lettres d’excuses à leurs investisseurs pour justifier des résultats médiocres, voire négatifs.

La plupart des fonds spéculatifs, même les moins audacieux, font les frais de leur modèle économique. Pour doper leur rendement, ces financiers empruntent massivement, jusqu’à 15 fois la mise nécessaire, parfois plus. Or, les banques fragilisées par la crise leur réclament de plus en plus de garanties, des “appels de marge”, qui obligent les fonds à vendre leurs actifs dans l’urgence. “Ils sont obligés de se tirer une balle dans le pied, car ces ventes précipitées font plonger la valeur de leurs propres titres”, explique M. Landier.

Aux Etats-Unis, les faillites se multiplient. Depuis le début de la crise en août 2007, le secteur financier américain a perdu 100 000 emplois. Selon le cabinet de conseil financier new-yorkais Celent, la purge n’est pas finie. Plus de 200 000 emplois supplémentaires, sur un total de 2 millions, pourraient disparaître dans la finance aux Etats-Unis, d’ici douze à dix-huit mois.

Claire Gatinois et Anne Michel
Article paru dans l’édition du 03.04.08.

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