FANNIE MAE ET FREDDIE MAC
Fannie Mae et Freddie Mac pourraient être “nationalisés”
FANNIE MAE ET FREDDIE MAC POURRAIENT ÊTRE MIS SOUS TUTELLE NATIONALE
(Reuters) - Le gouvernement américain envisage de mettre sous tutelle nationale les deux principaux organismes de refinancement immobilier Fannie Mae et Freddie Mac en cas de nouvelle détérioration de leur situation, rapporte l’édition internet du New York Times.
Un sauvetage des deux groupes marquerait la deuxième intervention de Washington destinée à sauvegarder le système financier après le soutien apporté par la Réserve fédérale au rachat de Bear Stearns par la Banque d’investissement JPMorgan.
Fannie Mae et Freddie Mac sont des groupes semi-publics qui disposent du soutien implicite de Washington. Les marchés s’interrogent sur leur capacité à lever suffisamment de capitaux pour poursuivre leur activité.
Selon le régime de tutelle nationale, les actions des deux sociétés ne vaudraient plus rien ou pas grand chose et les pertes sur les crédits immobiliers qu’elles ont consentis ou qu’elles garantissent seraient couvertes par le contribuable, précise le quotidien sur son site web.
La publication de cet article a bénéficié au dollar qui est reparti à la hausse, les investisseurs considérant cette éventualité comme un signe de soutien au marché.
Certains analystes tempèrent toutefois cet optimisme.
“Si la situation est si sérieuse, les marchés d’actions américains risquent de continuer à baisser sur des craintes sur les risques et sur des craintes d’une émission massive de titres destinée à recapitaliser les établissements de crédit”, commente Hideki Hayashi, économiste chez Shinko Securities.
“La volatilité attendue à la Bourse devrait se traduire par une baisse du dollar”, a-t-il ajouté.
Les personnes qui participent aux discussions précisent qu’aucune action n’est prévue dans l’immédiat et que Fannie et Freddie se sont pas considérés être en crise.
Les cours de Bourse des deux sociétés ont plongé cette semaine pour toucher jeudi leur plus bas niveau depuis 1991, ce qui limite très fortement leur capacité à lever le capital dont elles ont besoin pour racheter des crédits immobiliers résidentiels et maintenir à bas niveau les taux des crédits immobiliers.
Le destin des deux organismes de refinancement a des conséquences qui dépassent les frontières américaines. La part de la dette américaine, dont des obligations adossées à Freddie Mac et Fannie Mae, détenue par les banques centrales étrangères a augmenté de neuf milliards de dollars (5,70 milliards d’euros) sur la semaine écoulée, atteignant la somme record de 978,98 milliards de dollars.
DEUXIÈME SAUVETAGE
Freddie Mac a perdu 22% jeudi et ne vaut plus que huit dollars et Fannie Mae stock a chuté de près de 14% à 13,20 dollars.
Ces deux sociétés sont considérées comme les deux derniers bastions de soutien du marché immobilier résidentiel aux Etats-Unis qui est en train de connaître sa plus grave crise depuis la Grande Dépression des années 30.
“La seule chose positive à retirer de cette histoire est que le gouvernement américain semble déterminé à aider le système financier”, estime Albert Hung, investisseur chez Alleron Investment Management.
“Une décision telle que celle-ci (la nationalisation) aura un effet bénéfique à court terme, mais ne sera pas un remède à long terme.”
La publication de l’article du New York Times a stimulé les Bourses asiatiques et a renvoyé le Nikkei en territoire positif, même si l’indice japonais a terminé en baisse de 0,2%.
Selon le quotidien, l’administration Bush a également envisagé de garantir explicitement les 5.000 milliards de dollars de dette détenue ou garantie par les deux établissements.
Cette option est cependant moins intéressante car elle reviendrait à doubler le volume de la dette nationale, écrit le New York Times.
Un porte-parole de Freddie Mac a refusé de commenter ces informations, tandis qu’aucun responsable de Fannie Mae ou de l’administration n’a pu être joint.
Pratish Narayanan, version française Danielle Rouquié et Nicolas Delame